Publié le 4 Décembre 2012

Clifford Brown & Max Roach - Study in Brown (1955)

Jazz - Vite, vite, toujours plus vite! Clifford Brown et Max Roach s'élèvent contre le cool de la West Coast. Le hard-bop est né!

En réaction au cool jazz dominé par les Blancs et considéré ennuyeux par les amoureux et les nostalgiques du bebop, de nombreux musiciens Noirs vont prendre la voix opposée. A travers leur slogan Black is beautiful, ils vont revenir aux valeurs et aux sources de la musique noire... Avec l'influence des batteurs Max Roach et Art Blakey notamment, le rythme reprend une place prépondérante. Le rythm'n'blues de Ray Charles et la soul naissante, digne héritière du gospel, vont influencer les 'bopeurs'; sans pour autant qu'ils n'oublient de s'enrichir des nouveautés harmoniques de la West Coast...

La formation classique est alors le quintet, composé d'une section rythmique et de deux souffleurs - le plus souvent une trompette et un saxophone ténor. Le quintet de Brown et Roach est une des formations les plus marquantes - Sonny Rollins les rejoindra quelques mois plus tard! - de ce mouvement jazz d'une importance extrême. Cet album hallucinant - tout particulièrement le solo de Brown dans Cherokee - est véritablement une des pierres angulaires de l'histoire du jazz.

Clifford Brown & Max Roach - Study in Brown (1955)

Rédigé par Alexandre

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Publié le 3 Décembre 2012

Jamie Cullum - Twentysomething (2003)

Jazz - Le jazz européen a rarement eu un visage aussi explosif et moderne qu'avec le talentueux pianiste britannique

En une dizaine d'année et cinq albums à travers lesquels il a déjà dévoilé la richesse musicale et l'inventivité qui se cachaient en lui, Jamie Cullum s'impose comme l'un des grands artistes populaires de ces prochaines années. Son jeu aux facettes innombrables, sa voix rauque juste comme il le faut, son feeling hors du commun, son énergie en concert... tout est réuni pour qu'il plaise à un large public.

Jazzmen anglais le plus vendu de l'histoire à même pas trente ans (!!), le musicien promet d'explorer de nombreux univers musicaux ces prochaines années. Parti des standards jazz, ses albums montrent une évolution constante. En adaptant régulièrement à sa sauce jazzy les tubes du moment, en se laissant tenter par l'électronique et l'expérimental sur quelques titres, en cherchant toujours et sans cesse de nouvelles influences, il nous prouve que le jazz est un univers sans véritables frontières, toujours avide de renouvellement et de fraicheur. Et on l'en remercie!

It ain't necessarily so (de son album Pointless Nostalgic (2002))

The artists I most admire are people like Miles Davis and Tom Waits, who make all kinds of different records, and change and evolve over the years, but still remain themselves. That's what I aspire to.

Jamie Cullum

Rédigé par Alexandre

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Publié le 3 Décembre 2012

Elis Regina & Antônio Carlos Jobim - Elis & Tom (1974)

Bossa nova - Pimentinha rencontre enfin le Maître: les très riches heures de la bossa nova

En 1964, alors âgée de seulement 19 ans, Elis Regina émet déjà le souhait d'enregistrer un album des plus belles compositions de Jobim avec lui. Il faudra attendre dix longues années avant que son souhait ne se réalise. Entre temps, Jobim s'est imposé comme le Maître, y compris en Europe ou aux Etats-Unis où la bossa nova est une des musiques les plus écoutées grâce à ses collaborations avec Stan Getz, Gerry Mulligan ou Frank Sinatra...

L'album que les deux artistes enregistrent alors s'imposera indiscutablement comme l'un des chefs-d'oeuvre de la bossa nova, et même de la musique brésilienne dans son entier. Jobim, la plupart du temps au piano, mais aussi à la guitare et à la flûte, dirige, oriente, et canalise comme personne jusqu'ici la fougue de furacão, l'ouragan Elis Regina, qui apparaît extraordinairement simple et délicate sur ces quelques titres.

Un grand moment de musique, où les deux interprètent parviennent à nous faire oublier la complexité et la richesse de la musique de Jobim derrière un rideau d'apparente facilité. A ne jamais arrêter de chantonner.

Elis Regina & Antônio Carlos Jobim - Elis & Tom (1974)

Publié le 2 Décembre 2012

Bill Evans - The Complete Village Vanguard Recordings (1961)

Jazz - Les trios de Bill Evans des années '60 ou la renaissance d'un genre.

Après avoir marqué une première fois l'histoire du jazz en enregistrant Kind of Blue avec entre autres Miles Davis, John Coltrane et Cannonball Adderley, chef-d'oeuvre du cool jazz ouvrant la voie au jazz modal, Evans forme un trio qui sera souvent remanié. A travers de nombreux enregistrements, ce trio va marquer la renaissance de ce genre, avec une approche totalement novatrice. La basse et la batterie jouent des rôles aussi prépondérants que le piano: les musiciens improvisent véritablement à trois. Parfois en glissant sur une même vague, ou alors en se livrant une forme de combat acharné... Cette approche permet à Evans de laisser libre cours à sa créativité harmonique - déjà remarquée à l'époque du sextet de Davis -, qui ouvrira les portes à de nombreux mariages musicaux pour les décennies à venir!

Like jazz, you can't explain it to anyone without losing the experience. It's got to be experienced because it's feeling, not words. Words are the children of reason and, therfore, can't explain it. They really can't translate feeling because they're not part of it. That's why it bugs me when people try to analyze jazz as an intellectual theorem. It's not. It's feeling.

Bill Evans

Bill Evans - The Complete Village Vanguard Recordings (1961)

Rédigé par Alexandre

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Publié le 21 Novembre 2012

Lionel Hampton & Oscar Peterson - The Complete Quartets & Quintets On Verve (1953-1954)

Légendes - Le virtuose vibraphoniste à son sommet s'allie des premières riches heures du pianiste. L'âge d'or du jazz.

Lionel Hampton était un batteur hors-pair, et un excellent pianiste. C'est pourtant penché sur son vibraphone qu'il va marquer l'histoire du jazz: en effet, c'est même lui qui enregistre le tout premier solo jazz de vibraphone avec Louis Armstrong en 1930...

Quelques années après avoir commencé à jouer pour Verve, le jeune et brillant Oscar Peterson semble être l'allié idéal pour Hampton. Et s'ils n'avaient jamais joué ensemble avant ces sessions, il ne leur faudra qu'un an pour enregistrer ces albums... En résulte certains des quartets et quintets les plus mémorables de cette période du jazz.

Lionel Hampton & Oscar Peterson - The Complete Quartets & Quintets On Verve (1953-1954)Lionel Hampton & Oscar Peterson - The Complete Quartets & Quintets On Verve (1953-1954)

Rédigé par Alexandre

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Publié le 13 Novembre 2012

Stan Getz & Kenny Barron - Café Montmartre (1987-1991)Stan Getz & Kenny Barron - Café Montmartre (1987-1991)

Légendes - Connivence imbattable et chaleur rassurante au crépuscule de la carrièrre d'un Stan Getz toujours au sommet...

Souffrant d'un cancer qui aura raison de lui quelques mois plus tard, Stan Getz souhaite jouer encore et encore. Il veut profiter de son extraordinaire complicité avec son pianniste Kenny Barron, et, n'ayant plus le courage d'aller en studio, il fait enregistrer leurs concerts au célèbre Café Montmartre de Copenhague en 1987 et 1991.

Cet album est donc une compilation de quelques titres, qui correspondent en fait aux dernières heures du saxophoniste. Getz dégage une chaleur rassurante, Barron s'en nourrit. The Sound parle, Barron l'écoute, et ne joue pas une note de trop. L'entente de ces deux musiciens constitue un des plus hauts sommets que le jazz ait exploré à ce jour. A écouter sans fin. Définitivement.

If you like an instrument that sings, play the saxophone. At its best it's like the human voice.

As far as playing jazz, no other art form, other than conversation, can give the satisfaction of spontaneous interaction.

Stan Getz

Rédigé par Alexandre

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Publié le 3 Novembre 2012

Diana Krall -  The Girl In The Other Room (2004)

Jazz - Jamais depuis longtemps le jazz n'avait été aussi sensuel et brûlant qu'avec la diva canadienne

Depuis vingt ans, la belle pianiste enchaîne les succès, envoûtant les publics du monde entier de sa voix voluptueuse et son jeu délicat. Ce n'est pourtant qu'à trente ans qu'elle sort son premier album sur lequel elle interprète des grands standards; mais depuis rien ne l'arrête: sachant s'entourer des bonnes personnes - comme lors de sa tournée avec Tony Benett en 2000 - sa carrière finit par décoller. Pour atteindre des sommets.

Son album The Girl in the other Room marque un tournant dans ses choix artistiques. Elle s'implique personnellement dans quelques compositions, et s'écarte quelque peu des très célèbres standards pour mieux s'attaquer à des titres plus récents, notamment des compositions de son mari Elvis Costello. Un choix risqué et ambitieux qui lui réussira.

En effet, elle s'investit toujours plus dans ses interprétations. C'est finalement son dernier album, Glad Rag Doll, qui est le plus personnel. Interprétant principalement des chansons piquées des collections de 78-tours de son père décédé, Diana Krall semble se livrer enfin totalement. Un album certainement nostalgique. Mais en encore plus que cela, il est extraordinairement intime et profond.

Dans le cadre de sa nouvelle tournée mondiale, la belle canadienne fera une courte halte en Suisse, le temps d'un concert dans le splendide KKL à Lucerne à la fin du mois de novembre.

Le plus beau compliment que l’on puisse me faire, c’est de me dire que je suis une blonde avec une voix de Noire.

Diana Krall

Rédigé par Alexandre

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Publié le 3 Novembre 2012

Tigran Hamasyan - A Fable (2011)

Jazz - Laissons nous tenter par un cocktail explosif et délicat concocté par le prodige arménien Tigran Hamasyan

Jeune prodige, Tigran Hamasyan mêle comme peu de pianistes à son âge la technique et la sensibilité classique de son apprentissage, l'héritage de ses idoles comme Duke Ellington, Thelonius Monk ou encore Bud Powell, et la sueur et l'histoire de la musique arménienne.

Sa carrière étant lancée après une Victoire du Jazz en 2011, il commence à laisser son imagination le porter complètement sur scène, osant s'accompagner d'un table de mixage ou de pédales acoustiques dans son piano. Une forme de transe à vivre une fois en concert, une expérience certainement unique et marquante, orchestrée par un des pianistes les plus talentueux et surprenant de sa génération!

Tigran Hamasyan sera présent en Suisse romande pour deux concerts à ne rater sous aucun prétexte: le 11 novembre à Pully, et le 18 novembre à Fribourg.

Publié le 22 Octobre 2012

Malcolm Braff - Yele Trio (2006)

Jazz - Un homme, deux mains, trois continents: Malcolm Braff mèle les univers musciaux d'Afrique, d'Amérique latine et d'Europe comme aucun autre...

Né à Rio, élevé à Dakar, implanté à Vevey, Malcolm Braff garde de ses diverses origines des souvenirs qu'il partage à travers sa musique comme peu de musiciens en sont capables...

Son trio Yele, fondé il y a dix ans avec Yaya Ouattara, percusionniste Burkinabé et Alex Blake, bassiste Panaméen, lui permets de pousser cette diversité musicale vers un sommet génial.

Les racines africaines et latino des musiciens se font évidemment entendre, mais c'est en concert qu'elles se font ressentir: leur plaisir de jouer et leur proximité avec le public font plaisir à voir. D'ailleurs, Braff est un pionnier du Festival Off de Cully, lors duquel il joue régulièrement avec de jeunes espoirs du jazz suisse. L'occasion de voir à l'oeuvre un pianiste de renommée internationale, dans un cadre explosif et jovial! Surveillez l'affiche...

Rédigé par Alexandre

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Publié le 8 Octobre 2012

Keith Jarrett – La Scala (1997)

Jazz – Bien que moins célèbre que son Köln Concert, Keith Jarrett a offert à La Scala un des plus beaux moments de sa carrière…

A la fois déconcertant de complexité, facile à écouter et dépaysant au possible, voilà le défi fou que relève ici le pianiste : Keith Jarrett nous emmène le long d’une improvisation fleuve et tranquille faire un voyage, jusqu’en un lieu connu de lui seul. Quelque part entre le classique et le jazz, entre ici et l’Orient.

Ce concert se laisse écouter à l’infini. Le voyage, toujours calme et apaisé, n’est jamais le même. Keith Jarrett s’avère être un guide d’une douceur rare, qui en dit long sans en dire trop. Le voyageur se laisse surprendre à vagabonder ici et là. Impossible de revenir déçu. Après le Köln Concert, certains resteront peut-être sur leur faim. Pas grave, ce concert s’écoute sans fin.

I have alwayse played for myself, that listener siting on the piano bench. He has heard ever concert I have ever played and he has always dreamed of flying

Keith Jarrett

Keith Jarrett – La Scala (1997)

Rédigé par Alexandre

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