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Publié le 4 Décembre 2012

Clifford Brown & Max Roach - Study in Brown (1955)

Jazz - Vite, vite, toujours plus vite! Clifford Brown et Max Roach s'élèvent contre le cool de la West Coast. Le hard-bop est né!

En réaction au cool jazz dominé par les Blancs et considéré ennuyeux par les amoureux et les nostalgiques du bebop, de nombreux musiciens Noirs vont prendre la voix opposée. A travers leur slogan Black is beautiful, ils vont revenir aux valeurs et aux sources de la musique noire... Avec l'influence des batteurs Max Roach et Art Blakey notamment, le rythme reprend une place prépondérante. Le rythm'n'blues de Ray Charles et la soul naissante, digne héritière du gospel, vont influencer les 'bopeurs'; sans pour autant qu'ils n'oublient de s'enrichir des nouveautés harmoniques de la West Coast...

La formation classique est alors le quintet, composé d'une section rythmique et de deux souffleurs - le plus souvent une trompette et un saxophone ténor. Le quintet de Brown et Roach est une des formations les plus marquantes - Sonny Rollins les rejoindra quelques mois plus tard! - de ce mouvement jazz d'une importance extrême. Cet album hallucinant - tout particulièrement le solo de Brown dans Cherokee - est véritablement une des pierres angulaires de l'histoire du jazz.

Clifford Brown & Max Roach - Study in Brown (1955)

Rédigé par Alexandre

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Publié le 3 Décembre 2012

Elis Regina & Antônio Carlos Jobim - Elis & Tom (1974)

Bossa nova - Pimentinha rencontre enfin le Maître: les très riches heures de la bossa nova

En 1964, alors âgée de seulement 19 ans, Elis Regina émet déjà le souhait d'enregistrer un album des plus belles compositions de Jobim avec lui. Il faudra attendre dix longues années avant que son souhait ne se réalise. Entre temps, Jobim s'est imposé comme le Maître, y compris en Europe ou aux Etats-Unis où la bossa nova est une des musiques les plus écoutées grâce à ses collaborations avec Stan Getz, Gerry Mulligan ou Frank Sinatra...

L'album que les deux artistes enregistrent alors s'imposera indiscutablement comme l'un des chefs-d'oeuvre de la bossa nova, et même de la musique brésilienne dans son entier. Jobim, la plupart du temps au piano, mais aussi à la guitare et à la flûte, dirige, oriente, et canalise comme personne jusqu'ici la fougue de furacão, l'ouragan Elis Regina, qui apparaît extraordinairement simple et délicate sur ces quelques titres.

Un grand moment de musique, où les deux interprètent parviennent à nous faire oublier la complexité et la richesse de la musique de Jobim derrière un rideau d'apparente facilité. A ne jamais arrêter de chantonner.

Elis Regina & Antônio Carlos Jobim - Elis & Tom (1974)

Publié le 2 Décembre 2012

Bill Evans - The Complete Village Vanguard Recordings (1961)

Jazz - Les trios de Bill Evans des années '60 ou la renaissance d'un genre.

Après avoir marqué une première fois l'histoire du jazz en enregistrant Kind of Blue avec entre autres Miles Davis, John Coltrane et Cannonball Adderley, chef-d'oeuvre du cool jazz ouvrant la voie au jazz modal, Evans forme un trio qui sera souvent remanié. A travers de nombreux enregistrements, ce trio va marquer la renaissance de ce genre, avec une approche totalement novatrice. La basse et la batterie jouent des rôles aussi prépondérants que le piano: les musiciens improvisent véritablement à trois. Parfois en glissant sur une même vague, ou alors en se livrant une forme de combat acharné... Cette approche permet à Evans de laisser libre cours à sa créativité harmonique - déjà remarquée à l'époque du sextet de Davis -, qui ouvrira les portes à de nombreux mariages musicaux pour les décennies à venir!

Like jazz, you can't explain it to anyone without losing the experience. It's got to be experienced because it's feeling, not words. Words are the children of reason and, therfore, can't explain it. They really can't translate feeling because they're not part of it. That's why it bugs me when people try to analyze jazz as an intellectual theorem. It's not. It's feeling.

Bill Evans

Bill Evans - The Complete Village Vanguard Recordings (1961)

Rédigé par Alexandre

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Publié le 21 Novembre 2012

Lionel Hampton & Oscar Peterson - The Complete Quartets & Quintets On Verve (1953-1954)

Légendes - Le virtuose vibraphoniste à son sommet s'allie des premières riches heures du pianiste. L'âge d'or du jazz.

Lionel Hampton était un batteur hors-pair, et un excellent pianiste. C'est pourtant penché sur son vibraphone qu'il va marquer l'histoire du jazz: en effet, c'est même lui qui enregistre le tout premier solo jazz de vibraphone avec Louis Armstrong en 1930...

Quelques années après avoir commencé à jouer pour Verve, le jeune et brillant Oscar Peterson semble être l'allié idéal pour Hampton. Et s'ils n'avaient jamais joué ensemble avant ces sessions, il ne leur faudra qu'un an pour enregistrer ces albums... En résulte certains des quartets et quintets les plus mémorables de cette période du jazz.

Lionel Hampton & Oscar Peterson - The Complete Quartets & Quintets On Verve (1953-1954)Lionel Hampton & Oscar Peterson - The Complete Quartets & Quintets On Verve (1953-1954)

Rédigé par Alexandre

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Publié le 13 Novembre 2012

Stan Getz & Kenny Barron - Café Montmartre (1987-1991)Stan Getz & Kenny Barron - Café Montmartre (1987-1991)

Légendes - Connivence imbattable et chaleur rassurante au crépuscule de la carrièrre d'un Stan Getz toujours au sommet...

Souffrant d'un cancer qui aura raison de lui quelques mois plus tard, Stan Getz souhaite jouer encore et encore. Il veut profiter de son extraordinaire complicité avec son pianniste Kenny Barron, et, n'ayant plus le courage d'aller en studio, il fait enregistrer leurs concerts au célèbre Café Montmartre de Copenhague en 1987 et 1991.

Cet album est donc une compilation de quelques titres, qui correspondent en fait aux dernières heures du saxophoniste. Getz dégage une chaleur rassurante, Barron s'en nourrit. The Sound parle, Barron l'écoute, et ne joue pas une note de trop. L'entente de ces deux musiciens constitue un des plus hauts sommets que le jazz ait exploré à ce jour. A écouter sans fin. Définitivement.

If you like an instrument that sings, play the saxophone. At its best it's like the human voice.

As far as playing jazz, no other art form, other than conversation, can give the satisfaction of spontaneous interaction.

Stan Getz

Rédigé par Alexandre

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Publié le 8 Octobre 2012

Keith Jarrett – La Scala (1997)

Jazz – Bien que moins célèbre que son Köln Concert, Keith Jarrett a offert à La Scala un des plus beaux moments de sa carrière…

A la fois déconcertant de complexité, facile à écouter et dépaysant au possible, voilà le défi fou que relève ici le pianiste : Keith Jarrett nous emmène le long d’une improvisation fleuve et tranquille faire un voyage, jusqu’en un lieu connu de lui seul. Quelque part entre le classique et le jazz, entre ici et l’Orient.

Ce concert se laisse écouter à l’infini. Le voyage, toujours calme et apaisé, n’est jamais le même. Keith Jarrett s’avère être un guide d’une douceur rare, qui en dit long sans en dire trop. Le voyageur se laisse surprendre à vagabonder ici et là. Impossible de revenir déçu. Après le Köln Concert, certains resteront peut-être sur leur faim. Pas grave, ce concert s’écoute sans fin.

I have alwayse played for myself, that listener siting on the piano bench. He has heard ever concert I have ever played and he has always dreamed of flying

Keith Jarrett

Keith Jarrett – La Scala (1997)

Rédigé par Alexandre

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Publié le 13 Septembre 2012

Astor Piazzolla & Gerry Mulligan - Summit / Reunión Cumbre (1974)

Légendes - Projet grandiose de Piazzolla et Mulligan pour faire sortir le Tango Nuevo des frontières argentines...

Lorsque Piazzolla revient en Europe dans les années 70, il monte le Conjunto Electronico avec lequel il enregistre notamment le célebrissime album Libertango.

Dans la foulée, il mène ce projet Summit/Reunión Cumbre avec Gerry Mulligan, dont le chaud saxophone baryton se fond à merveille dans le tango de Piazzolla. Cette collaboration connaîtra un succès mondial, et fera entrer les deux protagonistes principaux dans de nouvelles sphères: l'un comme l'autre prouvent leur faculté rare à jouer et faire connaître (et aimer!) un genre musical nouveau, sur un continent qui n'est pas le leur qui plus est!

Astor Piazzolla & Gerry Mulligan - Summit / Reunión Cumbre (1974)Astor Piazzolla & Gerry Mulligan - Summit / Reunión Cumbre (1974)